Sous-titrage adapté, qu'est-ce que c'est ?

Définition et techniques

Le sous-titrage adapté à destination des sourds et des malentendants est une technique ayant pour objet de transmettre par écrit un message formulé à l'oral.
Il ne s'agit donc pas de traduire une langue étrangère à une autre, mais de changer de mode de communication, donc de type de langage : on appelle ça une traduction intralinguisitique.

La fidélité aux messages transmis dans un film ou dans un programme de télévision étant la première des priorités, toute latitude est normalement laissée au sous-titreur pour les respecter dans leur intégralité.
Retranscrire au mot près la parole entendue est un idéal que vise ce dernier dans son travail, mais la réalité est toute autre dans la plupart des cas.

La raison en est simple : la vitesse de compréhension du langage par un être humain varie suivant le mode de communication adopté : la parole prononcée est bien plus rapidement assimilée par notre cerveau que la parole écrite.

D'autre part, les qualités discursives des locuteurs sont disparates, et il s'agit parfois bel et bien de traduire le message émis en un message compréhensible à l'écrit.
Aussi, l'élocution propre à un acteur dans un film ou caractéristique d'une voix off dans un documentaire, et principalement le débit des paroles qui sont exprimées, va conditionner le travail de sous-titrage et rendre ce dernier plus ou moins aisé lors de son processus d'élaboration car, pour l'usage du sous-titrage adapté, il s'agit de comprendre, au même moment,  le même message que l'entendant.

Les systèmes de sous-titrage

Pour qu'un système de sous-titrage soit homologué et devienne le standard adopté par les laboratoires compétents, une coopération étroite entre les associations de sourds et malentendants et les professionnels concernés a due être mise en  place.

Suite à cette collaboration ont été définies une méthodologie et des normes techniques susceptibles d'être assimilées par tous et de garantir l'efficacité et la compréhension du sous-titrage effectué.

Après la création du système Antiope en France en 1976, qui connut son heure de gloire pendant près de vingt ans, malgré ses défaillances, c'est la norme européenne CEPT1 qui fut adoptée dès 1995. Depuis, tous les pays européens exploitent le World System Teletext (WST), issue de cette dernière. C'est ce que l'on appelle communément le sous-titrage télétexte. La dernière version de ce sous-titrage est appelée World System B.

Les règles du sous-titrage télétexte

Le sous-titrage télétexte comporte un certain nombre de règles précises pour assurer la compréhension d'une information auditive retranscrite sous une forme écrite. L'outil du sous-titreur est un logiciel informatique spécialisé qui lui permet d'adapter le message de la source sonore en fonction des exigences propres à la compréhension du langage écrit dans un temps donné.

Un nombre de mots limité

Comme il a été précisé plus haut dans cet article, le langage écrit est moins rapidement assimilable par le cerveau que le langage oral. Avec son logiciel, le sous-titreur dispose d'une unité de mesure, établie par la norme officielle, pour l'alerter sur le nombre maximum de mots à utiliser dans sa retranscription du phrasé entendu dans le programme.

Un débit lent, des pauses entre les messages sonores, et le texte pourra être d'une fidélité la plus exemplaire possible ; un débit rapide, un commentaire sans temps morts ou des dialogues qui se répondent sur un rythme vif, et le texte deviendra alors une adaptation plus ou moins totale des propos exprimés, mais toujours une adaptation respectant intégralement le sens des propos tenus.

C'est ici qu'interviennent les qualifications propres au sous-titreur et qui lui sont exigées pour accomplir sa tâche :

  • ses compétences linguistiques (orthographe, grammaire et syntaxe)
  • sa culture générale
  • sa faculté d'adaptation
  • sa rapidité d'exécution.

En sachant qu'un sous-titre ne doit pas dépasser deux lignes, on mesure la difficulté de la tâche quand la quantité d'information proposée est conséquente ; parfois, une hiérarchisation des informations cognitives doit être effectuées, afin de ne garder dans le sous-titrage télétexte que les informations les plus nécessaires à la compréhension du programme sous-titré.

Des codes couleurs

Une autre règle concerne les codes couleurs applicables aux sous-titres. En effet,  l'entendant ne se rend pas toujours compte que connaître l'origine de la source sonore est important pour la bonne compréhension du programme visionné. A cet effet, ont été définis des codes couleurs :

violet
pour une musique,
rouge
pour des bruitages,
vert
pour une information en langue étrangère (traduite ou non),
bleu
pour une voix off,
blanc
pour une parole exprimée dans le champ,
jaune
pour une parole exprimée hors champ.

Ainsi le téléspectateur peut aisément se faire une idée précise de la construction spatiale de l'information sonore et de son organisation.

Placements des sous-titres

Dans le même ordre d'idées, un sous-titre doit toujours être placé sous la personne qui s'exprime afin de restituer au mieux la logique d'une séquence.

Ces quelques exemples de règles démontrent bien que le travail de sous-titrage s'apparente le plus souvent à un travail de reconstruction de l'information sonore, voire de "mise en scène", et non pas d'un simple exercice de transcription dactylographique.

La reconnaissance vocale

Depuis quelques années, grâce aux progrès constants des technologies numériques, un autre système de sous-titrage a été inventé et parvient peu à peu à maturité : la reconnaissance vocale.

Comme dans d'autres secteurs, ce procédé repose sur l'automatisation des tâches. Ici, un programme informatique se charge de reconnaître l'information sonore en décryptant en temps réel (en théorie) chaque mot, qu'il compare avec les informations contenues dans sa propre base de données, une base appelée à se développer après assimilation progressive du vocabulaire.

Le travail consiste à associer étroitement une machine équipée de ce logiciel de reconnaissance vocale avec un sous-titreur, appelé « perroquet », chargé de répéter l'information sonore et qui doit posséder des facultés d'élocution exemplaires (articulation, débit, concentration). Le logiciel "apprend" et s'adapte progressivement aux spécificités langagières de ce sous-titreur.

Cette technique de reconnaissance vocale est utilisée pour des émissions de télévision diffusées en direct pour des raisons techniques évidentes.

Cependant, les résultats du sous-titrage par reconnaissance vocale sont inégaux. Donc dès que le laps de temps entre la finalisation du programme et sa diffusion le permet, les acteurs de l’audiovisuel se doivent de préférer le sous-titrage classique, plus à même de respecter les besoins du public concerné.