Des sous-titreurs sans Sécurité Sociale...

Mais que fait l'AGESSA ?

En 2010, nous nous battions déjà pour faire reconnaître nos droits. Après 3 années de relative accalmie, l’AGESSA remet ça en décidant, à nouveau, de laisser à la porte du régime "auteurs" de la Sécurité Sociale les professionnels du sous-titrage pour le public sourd ou malentendant.

Une adaptatrice a reçu un courrier mentionnant, à propos du métier de sous-titreur adaptateur pour les sourds et les malentendants, que la commission professionnelle considère qu’il ne s’agit pas d’une activité d’auteur d’une œuvre de l’esprit Autrement dit, madame, vous ne pouvez donc plus vous affilier au régime de Sécurité sociale des auteurs… 

Que dit cette nouvelle décision de l’Agessa ? Elle dit qu’il y a eu dérive. Elle dit que, soudain, après 15 ans, le statut d’auteur ne peut plus être celui des sous-titreurs adaptateurs pour les sourds et les malentendants. Ah bon ? Le métier a donc changé ? Non. Mais le marché, oui.

L’obligation du 100% sous-titré a attisé la convoitise d’un nombre croissant de laboratoires. Un marché qui s’ouvre se dérégule vite. Les nouveaux arrivants ou les moins solides ont cru que brader le sous-titrage était la solution. A ce prix, ils ont supprimé les relectures et corrections, ont demandé aux adaptateurs des packs prêts à la diffusion. Bref : d’en faire plus, pour moins cher. Et pour moins bien. On a ainsi le sentiment curieux d’entendre certains nous signifier que « ce n’est pas pour quelques fautes d’orthographe ou quelques inepties que 6 millions de personnes sourdes ou malentendantes vont faire la révolution. Que l’accessibilité, c’est bien beau… Mais bon… » Ainsi, lors des réunions professionnelles, il n’est pas rare d’entendre le mot « qualité » mis à toutes les sauces. Tout le monde ne parle que de qualité. Mais, rendez-vous donc devant votre petit écran : ce serait drôle si ce n’était pas parfois affligeant.

Arrêtons-nous un instant sur un phénomène similaire qui s’est déroulé sur le marché du DVD : il suffit de s’intéresser à la qualité des traductions des films étrangers en français pour comprendre que l’industrie a fait fuir tous les bons traducteurs pour mettre en place, disons-le, une qualité de merde, mais qui est malheureusement devenue une norme... C’est maintenant à nous de ne pas accepter qu’une telle norme ait force de loi pour le public sourd ou malentendant.

Quand certains laboratoires privés se sont mis à casser sévèrement les prix, prétextant que c’était là le seul moyen d’arriver à l’objectif du 100% sous-titré, une minorité d’adaptateurs se sont réunis et ont décidé de se battre. La peur, le doute et des situations différentes ont donné lieu à des réactions diverses. Certains ont cru qu’attaquer le statut d’auteur était un préambule à l’obtention d’un autre statut, pendant que d’autres se battaient pour obtenir que le statut d’auteur soit tout simplement respecté. L’Agessa semble donc avoir sifflé la fin de la récréation et décidé aujourd’hui de laisser certains adaptateurs à la porte. Quel recours pour ces professionnels mis au ban du régime des auteurs de la sécurité sociale ?

Un recours amiable avant un éventuel appel auprès du tribunal des affaires de Sécurité Sociale...